[ brève apparition ]

[ brève apparition ]
C½ur a Gauche.
Arme a droite


C'est une pièce obscure, petite et étroite. Elle semble pourtant être profonde et s'offrir en perspective. Les murs sont épais et emprisonnent le souffle des hommes qui se désenchaînent. Ici, les âmes titubent et les c½urs s'atrophient. Il n'y a ni fenêtre, ni porte. C'est un huit clos sans serrures et par conséquent sans clés. C'est un minuscule endroit dont on ne sait comment en sortir puisqu'on ne sait même pas comment on y est entré. C'est ici, que je vis. Plus que ça, c'est ici que je suis. Il y fait noir, mais il parait qu'on ne peut être plus exposé que cela à la lumière. C'est si calme que ça n'en est plus reposant. Le sol est froid et un peu humide et pourtant il ne passe jamais un jour sans que je transpire. Mes pores s'ouvrent et déversent des litres d'eau. Je pourrais construire un voilier et voguer à même ma sueur. Mais je ne vois pas de port, ni au loin, ni au plus près. Combien de temps. Chaque minute qui passe me semble nouvelle. Chaque seconde écoulée s'ajoute à l'éternité. C'est un endroit sans horloge, pas un seul grain qui ne traîne, alors pas non plus de sablier. Parfois mon corps me semble immense et je ne parviens même pas à allonger mes membres. C'est dans ces moments là, que la pièce me semble minuscule. Et souvent mon corps me parait si petit que tout cet espace vide qui m'entoure, qui m'emmure, m'effraye terriblement. Je touche mon visage, caresse mes traits, palpe mes organes, mes muscles, mes os pour me rappeler a quoi je ressemble, pour me rappeler de quoi je suis fait. Je me mords au sang pour me remémorer quel goût il a, et pour éviter que mes dents ne tombent, encore. Je me prends parfois à sentir la pluie couler sur mon crâne alors qu'elle ne peut venir de nulle part. Je m'imagine fou avant de revenir à la raison. Je me crois peut être saint alors que je n'en suis que plus malade. Les rêves s'épuisent et finissent par se faire rares. Savez vous à quel point on se sent condamné, a ne plus jamais songer ? Ici, le c½ur pense et le corps se repend. Tout lui manque, c'est un tronc dont les racines agonisent, en vain. Je ne sais plus rien faire sauf essayer de gagner ma mort. Je ne fais qu'essayer de me repasser le peu de souvenirs qu'il me reste, inlassablement, ma mémoire dégouline de mes oreilles. Je peux compter les fissures sur les murs, ils vieillissent comme je transpire. Je suis neuf puisque je ne me rappelle de rien, ou presque. Mais ça ne me réjoui que très peu. Je suis obsédé par mon sang, c'est le seul truc précieux que je possède. Ici où je n'ai rien. Sa couleur rouge, légèrement pourpre se mêle à d'autres sensations que je n'arrive pourtant pas à déceler. C'est étrange, des odeurs me reviennent, mais je n'arrive pas à les définir. Ma tête semble lourde, je frissonne comme si une douce brise m'embrassait le visage. Tout ce qui me reste de ce que j'étais avant. Avant de me retrouver ici. C'est le goût du sang.

# Posté le samedi 12 avril 2008 11:00

Modifié le samedi 12 avril 2008 11:15

[ Il n'y a plus grand Monde ici ] [ devrais-je en faire autant ? ]

[ Il n'y a plus grand Monde ici ] [ devrais-je en faire autant ? ]
-
-
-


J'ai encore l'impression que ce jour la. Je lui ai donné tout ce qui me rongeait. Comme une maladie dont on se soulage en la refilant a quelqu'un d'autre. Ce jour la, ou cette nuit, je ne sais pas très bien. Sur ses lèvres, j'ai senti mon âme se soulever, comme un léger tremblement au fond de mes organes. A peine un souffle au coeur. Dans ses yeux, j'ai déposé mes cartons et dans ses bras j'ai déchargé de mes épaules endolories, le monde. Maintenant je peux vous le dire, ils sont bleus et j'ai plongé en plein dedans. Quand à l'autre, il est lourd, mais j'ai survécut. J'ai marché dans des pièces trop petites pour être confortables. Des nuits durant, j'ai senti mes intestins se recroqueviller sur eux-mêmes. Et ce poison atteindre doucement mon c½ur. X., mon antidote. Je n'agonise pas à chaque inspiration. Je peux enfin dormir. Et j'ai dormi comme ça pendant un mois. Ce jour là je savais que quand je me réveillerais, rien ne sera plus jamais comme avant. Peut-on parler de phénix ? Moi je me retrouve a poil, les pieds dans des fonds de bouteilles de vins italiens. Chacun sa naissance, on parle juste de la mienne. J'ai laissé toutes mes angoisses, je repars à moitié vide. De la place pour remettre des souvenirs, des idées en places, des peurs en route. Et je vais continuer à tourner. Tourner encore. Je ne suis pas mort, et mon âme n'est pas encore perdue. Est-ce cela ? X., mon espoir. Qu'importe l'avenir, j'ai vu ce qui ressemblait au pire. Fredo si tu savais comme je t'aime, mon frère, comme elles étaient belles nos promesses. Ne t'use pas a la tâche, ne vis pas dans tes souvenirs, arrête la partie. Fredo, mon pote, et si t'as pas de sous on ira chez Germaine où il ne fait jamais noir. Et Loin de tout ça et si près de tout. Il y a toi Zoé. Cette histoire n'est pas la tienne finalement. Elle raconte ton passage, mais elle parle de moi. D'un ouragan sur les pelouses qu'on a oublié de tondre. Un vent chaud qui vous brûlent les sentiments. ET qui pourtant vous glace le sang. Zoé, mon Héroïne. Sans toi, je ne n'aurais peut-être jamais vécut. Ils parlent de destin, je les laisse dire, si ça leur fait plaisir. Tu sais je n'ai jamais pu les supporter, toi non plus il me semble. Ma mémoire dégouline le long de mes tempes, matière visqueuse sur corps rugueux, je change de peau. Serpent hypnotiseur, je mue, la peau s'effeuille. Il me faut une bière. Que je me désaltère. Pas de demi tour possible, j'avance sur une voie unique. Menacé mais libre. Zoé, tu comprends. Il faut qu'ils arrêtent leurs prières. Paris, ouvre-moi ton ciel, que gronde le tonnerre. Des tonnes de parapluie qui ne protègent jamais la terre. Paris, ne dissimule plus tes ruelles, celles que j'ai arpenté à tes bras. Fais-moi confiance. Il me faut dormir, juste un peu. Fermer les yeux, rien qu'un petit instant. Noir. Les jours passent, les nuits défilent. En se réveillant, on change parfois d'avis, le nuit ne porte pas toujours conseil


[ Extrait de Zoé et Moi ]

# Posté le lundi 25 février 2008 13:32

Modifié le samedi 15 mars 2008 12:45