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J'ai encore l'impression que ce jour la. Je lui ai donné tout ce qui me rongeait. Comme une maladie dont on se soulage en la refilant a quelqu'un d'autre. Ce jour la, ou cette nuit, je ne sais pas très bien. Sur ses lèvres, j'ai senti mon âme se soulever, comme un léger tremblement au fond de mes organes. A peine un souffle au coeur. Dans ses yeux, j'ai déposé mes cartons et dans ses bras j'ai déchargé de mes épaules endolories, le monde. Maintenant je peux vous le dire, ils sont bleus et j'ai plongé en plein dedans. Quand à l'autre, il est lourd, mais j'ai survécut. J'ai marché dans des pièces trop petites pour être confortables. Des nuits durant, j'ai senti mes intestins se recroqueviller sur eux-mêmes. Et ce poison atteindre doucement mon c½ur. X., mon antidote. Je n'agonise pas à chaque inspiration. Je peux enfin dormir. Et j'ai dormi comme ça pendant un mois. Ce jour là je savais que quand je me réveillerais, rien ne sera plus jamais comme avant. Peut-on parler de phénix ? Moi je me retrouve a poil, les pieds dans des fonds de bouteilles de vins italiens. Chacun sa naissance, on parle juste de la mienne. J'ai laissé toutes mes angoisses, je repars à moitié vide. De la place pour remettre des souvenirs, des idées en places, des peurs en route. Et je vais continuer à tourner. Tourner encore. Je ne suis pas mort, et mon âme n'est pas encore perdue. Est-ce cela ? X., mon espoir. Qu'importe l'avenir, j'ai vu ce qui ressemblait au pire. Fredo si tu savais comme je t'aime, mon frère, comme elles étaient belles nos promesses. Ne t'use pas a la tâche, ne vis pas dans tes souvenirs, arrête la partie. Fredo, mon pote, et si t'as pas de sous on ira chez Germaine où il ne fait jamais noir. Et Loin de tout ça et si près de tout. Il y a toi Zoé. Cette histoire n'est pas la tienne finalement. Elle raconte ton passage, mais elle parle de moi. D'un ouragan sur les pelouses qu'on a oublié de tondre. Un vent chaud qui vous brûlent les sentiments. ET qui pourtant vous glace le sang. Zoé, mon Héroïne. Sans toi, je ne n'aurais peut-être jamais vécut. Ils parlent de destin, je les laisse dire, si ça leur fait plaisir. Tu sais je n'ai jamais pu les supporter, toi non plus il me semble. Ma mémoire dégouline le long de mes tempes, matière visqueuse sur corps rugueux, je change de peau. Serpent hypnotiseur, je mue, la peau s'effeuille. Il me faut une bière. Que je me désaltère. Pas de demi tour possible, j'avance sur une voie unique. Menacé mais libre. Zoé, tu comprends. Il faut qu'ils arrêtent leurs prières. Paris, ouvre-moi ton ciel, que gronde le tonnerre. Des tonnes de parapluie qui ne protègent jamais la terre. Paris, ne dissimule plus tes ruelles, celles que j'ai arpenté à tes bras. Fais-moi confiance. Il me faut dormir, juste un peu. Fermer les yeux, rien qu'un petit instant. Noir. Les jours passent, les nuits défilent. En se réveillant, on change parfois d'avis, le nuit ne porte pas toujours conseil
[ Extrait de Zoé et Moi ]